MILLESIME 2005
Ces derniers jours, pour qui a contemplé nos coteaux en Beaujolais Mâconnais, la vigne à quitté ses couleurs émeraudes de l’été pour s’habiller de rouge et d’or, couleur du feu, couleur de la lumière.
Tournons notre regard vers la qualité exceptionnelle de ce millésime 2005 et les facteurs climatiques qui l’ont engendrée.
Phénomène trop rare pour ne pas être signalé, les saisons ont été marquées, je dirais même classiques. L’hiver dernier a été l’un des plus froids depuis vingt ans et le printemps pluvieux à souhait pour restituer dans l’Est de la France une situation hydrique satisfaisante et permettre un bon démarrage de la végétation.
L’équinoxe du 20 mars a coïncidé très exactement avec le dimanche des Rameaux, marqué par un beau temps frais, clair et sec et par un vent du nord de force modérée. Ce jour prophétique annonçait la prépondérance du soleil sur une période prolongée de six mois, jusqu’à fin septembre, avec seulement quelques interruptions de fortes pluies.
Le temps de la Saint Médard le 8 juin fut très révélateur : on ne peut plus ensoleillé avec seulement 8°C le matin et une forte bise ! La vigne déjà en fin de fleur était alors bien vigoureuse, ornée d’un feuillage sain et vert.
Cette année, il y eut très peu d’orages, mais ceux du 4 mai au 24 juin, accompagnés de grêle provoquèrent ici ou là quelques dégâts importants dans le vignoble du Beaujolais. Les températures, rarement très chaudes étaient souvent fraîches la nuit, favorisant l’épaisseur pelliculaire des grumes, source bénéfique de couleur, tanin et résistance à la maladie. Les grappes étaient bien aérées et saines, souvent avantageusement millerandées. A part quelques petites averses la première semaine de juillet, fin août et début septembre, le temps fut comme obstinément sec jusqu’à la fin des vendanges, réduisant sensiblement les volumes récoltés. La pleine maturité des raisins a pu être atteinte, non seulement sur le plan organique (sucre et acidité), mais aussi sur le plan phénolique (arôme, couleur et tanins).
Comme on peut aisément le constater, voilà autant de conditions climatiques optimales qui ont accompagné ce millésime à tout point de vue réellement superbe. On tient un millésime que j’aimerais qualifier d’historique. 2005 représente, tout comme 2003, une année de feu solaire. Mais il s’agit d’un feu de lumière alors que 2003 connut un feu de brûlure.
Les vins rouges éclatent de couleur, d’arômes et de structure veloutée. Robes rouge cerise soutenues, tout un merveilleux éventail de parfums de fruits rouges et beaucoup de fond sans excès de tanin.
Les blancs sont admirablement parfumés et complets. Grâce à l’état sanitaire absolument parfait des raisins, on découvre partout une grande pureté et une belle fraîcheur. L’équilibre corps acidité est des plus harmonieux. Ce sont des vins non seulement très agréables dans leur prime jeunesse mais qui devraient se garder dans le temps, si on peut résister !
Le caractère spécifique des différents terroirs ressort très souvent, donnant aux Crus toute leur valeur intrinsèque. Vins classiques avec beaucoup de concentration. Quantités modérées et qualité exceptionnelle pour l’ensemble du vignoble Bourgogne Beaujolais.
Personne ne peut nier l’immense qualité de ce nouveau millésime.
|